Le blog de Daniel

Le blog de mars

Mars 2021

C’est grâce aux moyens auxiliaires que je vis de manière autonome et autodéterminée

Mes moyens auxiliaires d’Active Communication sont la base pour mener une vie autodéterminée, tout comme mon fauteuil roulant électrique d’Orthotec (aussi une entreprise de la Fondation suisse pour paraplégiques). Quand je me balade, les enfants – surtout les garçons – sont souvent si fascinés qu’ils ne veulent plus s’en aller. Ces situations ne m’embêtent pas, au contraire. Je les apprécie et je les trouve très importantes. Je discute alors avec leurs parents ou les autres personnes qui les accompagnent, et réponds à toutes les questions. Ce sont souvent des dialogues intéressants.

« Les appareils m’aident à gérer mon quotidien. Ils me permettent de mener une vie autodéterminée. »

Quels moyens auxiliaires sont toujours sur moi et à quoi servent-ils ? Si vous me voyez, vous êtes probablement d’abord fasciné-e par mon appareil de communication. Il propose beaucoup d’icônes que je peux combiner. Ces combinaisons d’images donnent alors des mots. Ainsi, je peux faire des phrases entières uniquement avec les icônes. Mais je peux aussi écrire avec l’alphabète.

Les gens qui me sous-estiment me demandent parfois si je faisais des jeux. Alors je réponds volontiers que ce n’était pas un jeu, puis j’explique pourquoi j’utilise mes moyens auxiliaires. Ma réponse est alors souvent inattendue.

Le Talker (c’est le nom d’un appareil de communication) lit les phrases que j’ai écrites. Je peux choisir la voix du Talker. En même temps, le Talker est aussi mon clavier d’ordinateur. Cela fonctionne avec une connexion Bluetooth. Et mon joystick pour le fauteuil roulant électrique fait figure de souris de l’ordinateur. Cela me permet de bien travailler tout en respectant des délais raisonnables.

Tout comme mon smartphone, mon HouseMate est un moyen auxiliaire indispensable. Avez-vous déjà entendu le terme système de contrôle de l’environnement ? Si non, il est grand temps. Mon smartphone est relié à HouseMate. HouseMate se trouve à droite sur la photo. Avec une appli, je peux sélectionner ce que je veux commander, par exemple ouvrir la porte de la maison. Quand c’est adapté et installé, on peut commander de nombreux éléments : ascenseurs, lampes, fenêtres, stores, etc. Le smartphone envoie des signaux Bluetooth à HouseMate. HouseMate transforme ces signaux Bluetooth en signaux infrarouges et les envoie aux appareils récepteurs. « Je ne pourrais pas rentrer et sortir vivre de manière autonome de mon appartement sans HouseMate – impensable. » Avec le smartphone, je commande aussi des appareils équipés d’une fonction application, par exemple la machine à café. Oui, je bois du café et pas peu 😉. Les appareils m’aident à gérer mon quotidien. Ils me permettent de mener une vie autodéterminée.

Je remercie Active Communication et Orthotec de tout cœur. Tout ce que mon fauteuil roulant électrique sait encore faire et ce que j’apprécie particulièrement et tout ce que fait Orthotec, je le raconte dans un autre article.

A propos de l'auteur

Daniel Rickenbacher

Bonjour à tous

Je m'appelle Daniel Rickenbacher et je suis l'auteur de ce blog. Je publie ici régulièrement des récits sur ma vie pas tout à fait quotidienne. Je suis né en 1993 et, en raison d’un manque d’oxygène à ma naissance, je vis avec une parésie cérébrale (PC). J'ai grandi dans l'Illgau (canton de Schwyz) et je vis maintenant dans mon premier propre appartement à Lucerne. L'autodétermination et l'indépendance ne vont pas de soi dans ma vie quotidienne. Mais c'est pour cela que je me bats, jour après jour.

«Je profite de mon autodétermination jusqu’aux limites de mon handicap.»

Les blogs passés

  • Je fais de la physiothérapie depuis que j’ai trois mois. La physiothérapie a toujours été très importante pour moi. Quand je suis allé à l’école à Illgau, ma mère m’a amené deux fois par semaine à la physio pour enfants à Brunnen. Plus tard, j’ai aussi eu des séances d’éducation précoce, d’ergothérapie et de logopédie. J’ai toujours aimé les thérapies, elles n’avaient rien de particulier pour moi. J’ai fait constamment des progrès.

    « Je peux me défouler et aller à la limite – jusqu’à être par terre, littéralement. »

    À trois ans, j’ai eu mes premiers auxiliaires de déambulation. À l’école primaire à Illgau, j’ai pu faire le fou pendant les récréations et jouer avec les autres. Au lieu de faire du sport, le travail manuel et pratique et les langues étrangères, je suis allé aux thérapies. Mon ergothérapeute est venue plusieurs fois aux leçons de travaux pratiques pendant les séances de thérapie. C’était magnifique parce que c’était encore un pas vers l’inclusion et que je pouvais être avec les copains.

    Nadine Rufer est ma physiothérapeute depuis la deuxième année du secondaire. Je peux y aller deux fois par semaine. Nous marchons alors, que ce soit avec un support ou sur le tapis roulant. On fait aussi des exercices d’équilibre, sans oublier les bandes pour la musculation. Je peux me défouler et aller à la limite – jusqu’à être par terre, littéralement. Ces exercices améliorent aussi la coordination et la confiance en moi pour le quotidien. Notamment pour les situations où je suis seul et que quelque chose ne tourne pas rond. Nadine me conseille et me donne des astuces pour faciliter mon quotidien et le rendre moins épuisant. Pour moi, la physiothérapie est un élément très important pour que je puisse vivre de manière indépendante et dans mon propre appartement.

    J’ai eu beaucoup de plaisir à pouvoir faire une interview avec ma physiothérapeute de longue. Bonne lecture !

    Interview avec Mme Nadine Rufer, cheffe d’équipe Physiothérapie Bsc Fondation Rodtegg, Lucerne

     

    Nadine, pourrais-tu te présenter ?

    Je m’appelle Nadine Rufer, j’ai 36 ans et je travaille comme physiothérapeute à la fondation Rodtegg. J’habite à Zurich et je fais le déplacement tous les jours.

    Combien de temps travailles-tu déjà à Rodtegg et dans quelle fonction ?

    Depuis août 2020, j’ai un contrat de travail à durée indéterminée à Rodtegg. Auparavant, j’avais fait mon avant-dernier stage dans le cadre de ma formation de physiothérapie avec le module supplémentaire C à Rodtegg. En mai 2014, j’ai repris la direction du groupe et, depuis la réorganisation des thérapies en 2018, je suis cheffe d’équipe de la physiothérapie.

    Pourquoi avoir choisi Rodtegg et non pas une institution à Zurich ?

    Rodtegg m’a déjà plu quand j’y faisais mon stage, tant au niveau des client-es que de l’équipe thérapeutique. L’ambiance dans la maison et le fait qu’on m’apprécie comme personne et employée m’ont fait revenir. J’aime la collaboration interdisciplinaire, l’infrastructure de la thérapie et les « libertés définies ». Pour moi, il est important qu’une longue journée de travail me donne satisfaction, même si les trajets entre la maison et le travail sont longs. De plus, j’apprécie le système avec les travaux préliminaires pendant les semaines de cours et les compensations pendant les vacances scolaires. Cela me donne du temps pour mes autres projets.

    Pourquoi es-tu devenu physiothérapeute ?

    Le sport et l’activité physique ont toujours fait partie de ma vie. Au début, je n’étais pas encore sûre si je veux faire une formation comme sportive ou une formation d’enseignante. La physiothérapie me paraissait alors le juste milieu. Pour moi, c’était, et ça l’est toujours, important de partager la motivation pour l’activité physique, de transférer cette motivation et de rendre possible des choses impossibles grâce à un travail d’équipe.

    Quelles sont tes tâches en tant que cheffe d’équipe ?

    Comme cheffe d’équipe, je m’occupe de l’organisation et de direction du service de physiothérapie. Nous sommes une équipe de 11 personnes, y compris un-e stagiaire. Je suis responsable qu’on respecte les prescriptions de l’employeur. Je participe au développement de mon domaine, je mets en réseau et coordonne mon service avec les autres services et domaines. J’organise et je coordonne l’attribution des client-es et coordonne le travail thérapeutique au sein du service et du domaine.

    Côté administratif, j’ai mon mot à dire concernant les embauches, la direction et le licenciement de collaboratrices et collaborateurs. Je planifie et j’organise le planning quotidien pour avoir un déroulement sans problème et je gère les réunions d’équipe hebdomadaires. De même, j’organise les consultations régulières en neuro-orthopédie dans la maison. J’embauche des stagiaires de l’école ZHAW du module supplémentaire C et, étant leur supérieure directe, je suis responsable des certificats de travail et du contact auprès de la ZHAW. En tant que Key User, j’établis dans les grandes lignes les plannings de l’équipe en collaboration avec les employé-es.

    Qu’est-ce qui est une bonne thérapie pour toi ? Quels sont tes objectifs ?

    Dans mon bureau, j’ai affiché la citation de [l’homme d’État anglais du XVIe siècle] Cromwell : « Every training system which excludes pleasure in sports is a monument of stupidity. » Pour moi, il est important d’atteindre des objectifs grâce à une confiance et la motivation. Il faut identifier le changement, être ouvert-e et apprécier cette attitude. En fonction de leurs possibilités, les client-es doivent aussi décider où on va. Et puisque la physiothérapie accompagne souvent les client-es ayant des restrictions physiques pendant des années, je veux rendre le contenu de la thérapie créatif et motivant. Je vois ici le plaisir, la motivation et la confiance comme des facteurs cruciaux pour le succès.

    Qu’est-ce qui différencie la physiothérapie à Rodtegg d’un cabinet en ville ?

    L’infrastructure, soit l’accessibilité en fauteuil roulant, la salle de gym, le mur d’escalade, la piscine, le tremplin Bungee, la MTT, les grandes salles individuelles et de groupe, et l’expérience de longue date des collaboratrices et collaborateurs. Nous disposons également d’un très bon réseau et pouvons récupérer et proposer de nombreuses ressources grâce à l’interdisciplinarité.

    Et toi, comment restes-tu en forme ?

    Après le ballet, le jazz, le floorball et le basket-ball, je fais de la breakdance depuis 2002 et j’ai été active pendant longtemps dans la scène de battle au niveau national et international. Je donne toujours des workshops en Suisse et à l’étranger et je voyage régulièrement en Ouganda dans le cadre du Breakdance Project Uganda. Nous organisons tous les deux ans à Zurich le Breakthrough Festival, un grand festival de breakdance avec la danse-théâtre, des compétitions, workshops, une journée pour enfants, etc.

    Cela fait un moment que je fais tous les jours un petit programme de musculation et de stabilisation et un peu de yoga à la maison. Selon la météo, je prends le vélo pour me rendre à la gare et/ou je parcours une partie à pied. Avant la pandémie, je me suis entraînée 3 à 4 fois par semaine dans un centre de jeunesse et de culture. Actuellement, c’est fermé. Le week-end, mon entraînement est plus intense que pendant la semaine parce que mes trajets prennent tous les jours 3 heures. Je fais toujours le déplacement à des compétitions de battle en Suisse et à l’étranger, que ce soit en tant que participante, jury ou spectatrice. Je suis membre de la Swiss Breaking Association et, en ce moment, nous développons une ligue suisse/ un système de points en vue de la préparation de l’intégration de la breakdance aux Jeux olympiques en 2024.

    Aimerais-tu ajouter quelque chose ?

    Merci pour cette interview !

    Et merci d’avoir prouvé tout au long des années de notre collaboration au quotidien thérapeutique l’importance de la motivation et les propres objectifs et qu’il ne faut pas baisser les bras aux premiers échecs, diagnostics ou autres obstacles.

    Je te souhaite beaucoup de succès et de plaisir dans tes projets et bon courage pour les nouveaux défis.

     

    Nadine, merci à toi. Et un grand merci pour tes séances de physiothérapie. Tu as apporté une contribution importante à ce que je puisse vivre avec une assistance.

  • Le passage de l’école primaire d’Illgau (SZ) à l’école secondaire de la Fondation Rodtegg (LU) en août 2008 a représenté un changement énorme et difficile dans ma vie. À l’époque, j’avais 14 ans. Je ne savais pas ce qui m’attendait. À la maison à Illgau, je ne voulais pas beaucoup en parler. C’était le début de l’année la plus difficile que j’avais eu à vivre jusque-là, car cela signifiait aussi le début de ma vie en internat. Auparavant, je n’avais jamais vraiment été séparé de ma maison et de ma famille. J’ai eu le mal du pays durant toute l’année. Le lundi matin, ma mère m’amenait toujours à Küssnacht (SZ), où le taxi venait me chercher. Je disais au revoir à ma mère en pleurant. Durant la première année à Rodtegg, l’école n’était pas au centre de mes préoccupations – j’avais bien assez à gérer avec moi-même. À Rodtegg, en plus de m’ennuyer de ma famille et de ma maison, je me suis vraiment rendu compte que j’avais un handicap et que je l’aurai toute ma vie. À l’école primaire, j’étais le seul élève avec un handicap.

    « J’ai eu le mal du pays durant une année »

    Au cours de ma première année à Rodtegg, j’appelais souvent mes parents. Je comptais les heures jusqu’au vendredi après-midi, jusqu’à mon retour chez moi à Illgau. Une fois habitué à la situation, j’ai commencé à aller mieux. Mes résultats scolaires se sont progressivement améliorés. Jusqu’alors, je ne m’exprimais qu’en langage parlé et à l’aide d’un abécédaire. Étant donné qu’à Illgau j’étais toujours contact avec les mêmes personnes, la communication sans « talker » se passait très bien. Grâce à l’acquisition du « talker » à l’école secondaire, ma compréhension écrite s’est améliorée. Cela était aussi dû à l’arrêt des médicaments antiépileptiques qui avaient marqué ma scolarité. À partir de ce moment-là, je commençais à aller de mieux en mieux.

    « C’était le début de l’année la plus difficile de ma vie. »

    Choisir un métier : il est exclu de devenir artisan ou graphiste

    Lorsqu’il a été question de choisir un métier, je n’ai longtemps rien voulu savoir d’un travail sur ordinateur. J’ai toujours voulu apprendre un métier manuel et c’est seulement lorsque je suis allé visiter l’entreprise Victorinox que je me suis rendu compte ce n’était pas possible. C’est là que j’ai su que je devais faire un travail de bureau, que tout le reste n’était pas réaliste. J’ai choisi une formation professionnelle de bureau de deux ans. C’était une période géniale. J’ai appris à utiliser un ordinateur, j’ai trouvé cela passionnant et découvert tout ce qu’on pouvait faire avec. J’adore concevoir. Mon nouveau rêve était de devenir graphiste, ce qui était déjà plus réaliste. Bien entendu, j’étais conscient que j’avais trop de lacunes au niveau scolaire pour pouvoir devenir graphiste. Très rapidement, la question a été de savoir ce que j’allais faire après ces deux ans. C’est pourquoi j’ai fait un stage d’une semaine dans l’école professionnelle de Rodtegg. Toute la semaine, je ne tenais pas en place à l’idée que mes résultats scolaires soient insuffisants. Au final, ils étaient suffisants et j’ai pu étudier une année dans cette école.

    « Praticien-ne FPra en travail de bureau »

    Il faut faire deux ans d’études pour obtenir le diplôme reconnu de « praticien FPra en travail de bureau ». L’AI ne m’a pas soutenu pour ma deuxième année, c’est pourquoi je n’ai pas pu terminer ma formation. La raison invoquée était que je ne pourrai jamais travailler dans l’économie de marché. En 2017, l’AI a assoupli les règles sur la formation. Je voulais absolument finir mes études et j’ai eu droit à une attestation de performance de INSOS Suisse. J’étais de nouveau agité : est-ce que ça allait suffire ou devrai-je encore faire une année d’études ? C’était suffisant ! En 2017, j’ai obtenu mon diplôme de « praticien FPra en travail de bureau ».

    Dans l’ensemble, ça a été une bonne période pour moi à Rodtegg. J’ai appris beaucoup de choses et je remercie la Fondation Rodtegg du fond du cœur.

    J’ai eu beaucoup de plaisir à pouvoir faire une interview avec M. Helmut Bühler, le directeur de Rodtegg.

    Interview avec M. Helmut Bühler, directeur de la Fondation Rodtegg

    Monsieur Bühler, pourriez-vous brièvement vous présenter ?

    Je m’appelle Helmut Bühler et j’ai 54 ans. Je suis marié, père de trois enfants adultes et j’habite à Ruswil (LU). Après avoir longtemps travaillé comme enseignant d’histoire et de psychologie pédagogique à l’école secondaire cantonale de Lucerne, j’ai dirigé une école secondaire durant 12 ans et je suis arrivé à la Fondation Rodtegg en 2019.

    Que propose la Fondation Rodtegg ?

    La fondation propose large une offre de prestations destinée aux personnes en situation de handicap physique. Cette offre inclut la scolarisation, la formation, le travail et le logement. En outre, nous avons une grande expérience en soins, thérapie et conseil et ce depuis plus de 40 ans au cœur de Lucerne.

    Depuis combien de temps êtes-vous directeur de Rodtegg ?

    Depuis septembre 2019, donc 15 mois.

    Quelle a été votre motivation pour devenir directeur de Rodtegg et pourquoi avoir choisi Rodtegg ?

    J’aime travailler avec les gens et pour les gens. Rodtegg m’offre un environnement de travail dont j’apprécie chaque seconde. Je suis heureux de pouvoir travailler et mettre à contribution mes compétences dans une institution sociale. L’offre de la Fondation Rodtegg est très large et diversifiée. C’est ce qui rend le travail passionnant. J’apprécie particulièrement l’échange avec les client-es. C’est très enrichissant.

    À quoi ressemble votre quotidien professionnel ?

    J’ai beaucoup de séances, en ce moment souvent par Teams ou Zoom, et de nombreuses questions imprévisibles à traiter. Ainsi, il se peut que, tout à coup, une problématique inattendue vienne sur le tapis. Actuellement, l’actualité concernant le coronavirus passe souvent en priorité. Ma journée de travail est rythmée par des e-mails et des appels téléphoniques. Je dois donc souvent décider de ce qui est important et urgent.

    Combien d’heures travaillez-vous ? Avez-vous suffisamment de temps de repos ?

    Je ne note pas mes heures de travail. Normalement, je travaille debout à mon bureau. La seconde partie de l’après-midi, mes jambes commencent à fatiguer, alors je m’assieds. Durant les week-ends, je veille à être beaucoup à l’extérieur. C’est ainsi que je récupère le mieux.

    Qu’aimez-vous faire pendant votre temps libre ?

    J’aime lire des livres littéraires et d’histoire, je prends soin de mon zoo privé (différents oiseaux et poissons) et je fais beaucoup de sport d’endurance dans la nature, de préférence en montagne. Par ailleurs, c’est important pour moi de me réunir avec ma famille et mes amis.

    À quels défis devez-vous faire face dans votre travail ?

    Je travaille avec beaucoup de gens et mon rôle est souvent de diriger et de mener des projets et des séances. Cela me plaît de m’adapter aux différentes situations et personnes et d’accomplir des choses avec elles. Je dois m’assurer de gérer toutes les questions de manière efficace. La communication adéquate en fait toujours partie.

    Qu’est-ce qui vous occupe le plus actuellement ?

    Actuellement, la communication me prend beaucoup de temps, car la pandémie de coronavirus se trouve au premier plan. Le travail quotidien ne s’arrête toutefois pas et nous sommes déjà en train de prévoir de nombreuses choses à venir, dont les 40 ans d’existence de Rodtegg en 2021.

    Les institutions se développent en permanence et une reconversion est en cours. Le canton de Lucerne aimerait aussi que les institutions s’ouvrent davantage et que de nouvelles offres soient proposées. Et ce, également dans le domaine des possibilités de logement pour les personnes en situation de handicap. L’objectif est notamment d’offrir une plus grande liberté de choix. Quel rôle joue Rodtegg dans ce processus ?

    Nous aimerions amener notre contribution. À l’avenir, nous aimerions rendre certaines prestations disponibles en ambulatoire que nous proposons aujourd’hui aux personnes stationnaires à Rodtegg. L’assistance spécialisée dans le cadre de l’accompagnement à domicile ou encore des thérapies pour les personnes externes peuvent entrer en ligne de compte. Ainsi, nous pouvons permettre à certain-es client-es de réfléchir concrètement à la possibilité d’habiter de manière autonome et, ensuite, de tenter un deuxième pas dans cette direction. Cela serait vraiment bien.

    Quel rôle jouez-vous dans cette restructuration en tant que directeur ?

    Mon rôle est de trouver des employé-es pour cela, de mettre en place les conditions et de garantir le financement. Rodtegg n’y arrivera pas seule, nous avons besoin de la collaboration d’autres institutions et d’être en contact avec le canton de Lucerne.

    Le financement par sujet prend toujours plus d’ampleur. Des études démontrent que si une personne a besoin d’aide 24 heures sur 24, cela coûte initialement plus cher, mais que, sur le long terme, cela revient moins cher que si elle vit en institution. Sans parler des cas où les personnes n’ont pas besoin de beaucoup d’aide et où un personnel spécialisé n’est pas nécessaire. Ce développement est-il source de préoccupation pour vous ou vous le voyez comme une chance ?

    Je suis effectivement un peu partagé. D’un côté, je soutiens grandement la volonté de trouver des solutions personnalisées et sur mesure. Je comprends parfaitement ce désir de liberté de décision, d’indépendance et d’autonomie. Le « financement par sujet » pourrait inciter certaines personnes à faire un pas de plus dans cette direction, ce qui est souhaitable. D’un autre côté, la complexité des diverses possibilités représente un certain défi pour nous. Je pense ici aux personnes en situation de handicap, à leurs proches ainsi qu’aux prestataires de services. Ce qui sera déterminant, c’est à quel point cela sera compliqué et combien cela coûtera. Je parle de la charge administrative et de toutes les concertations qui seront nécessaires. 

    La Fondation Rodtegg fête cette année ses 40 ans d’existence. Est-ce qu’une fête est prévue ?

    La fête d’anniversaire aura lieu le samedi 12 juin 2021 sur le site de la Fondation Rodtegg. Nous prévoyons diverses animations pour les personnes intéressées et le public. Réservez tout de suite la date. Nous espérons que nos plans ne seront pas chamboulés par la pandémie, mais nous gardons espoir.

    Vous aimeriez ajouter quelque chose ?

    Un grand merci de m’avoir donné l’occasion de faire cette interview. Je l’ai fait avec plaisir et je suis vos activités avec intérêt. Bonne continuation !

    Monsieur Bühler, je vous remercie infiniment d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Toute l’équipe Active vous félicite pour les 40 ans d’existence de Rodtegg.

    Mon prochain article portera sur la physiothérapie et la manière dont je me maintiens en forme.

  • Outre la recherche d’un appartement, c’était aussi la recherche d’assistant-es qui contribuait en grande partie à une vie encore plus autodéterminée. J’ai commencé à construire une équipe d’assistant-es quand j’habitais encore en institution et que je travaillais. J’ai demandé assez tôt à des personnes qui avaient travaillé dans l’institution ou qui y travaillaient toujours. Étant donné que je les embauche à temps partiel, quelques-uns ont tout de suite dit oui. Ensuite, j’ai demandé à beaucoup de gens via whatsapp s’ils voulaient travailler pour moi. Voilà comment j’ai rapidement trouvé 14 assistant-es.

    Construire une équipe à vitesse d’éclair

    La difficulté est souvent de trouver d’abord un appartement parce qu’il faut souvent aménager dans les trois mois. Cela signifierait qu’il faut construire toute l’équipe d’assistant-es définitive en trois mois, établir des contrats de travail, déposer toutes les demandes, organiser tous les moyens auxiliaires, peut-être faire adapter l’appartement, etc. Je suis très reconnaissant que mon bailleur, la caisse de pension de Lucerne, m’ait accordé cinq à six mois.

    En juillet/août 2020, j’ai eu l’impression que la gestion des assistant-es se passe très bien, mais que je pourrais avoir plus de personnel. J’ai donc publié une annonce sur Facebook et ensuite mené des entretiens d’embauche. Heureusement, j’ai pu employer quatre nouvelles personnes.

    Qu’est-ce qu’il faut faire ?

    Mes assistant-es me soutiennent essentiellement dans les activités quotidiennes et ménagères ou ils m’aident à faire la cuisine, aider à manger et faire le ménage. Ils m’aident aussi à faire certains transferts et préparent tout pour que je puisse être autonome. Par exemple, ils mettent la couette de manière à ce que je puisse me couvrir moi-même. Ils mettent le câble de recharge du fauteuil roulant électrique sur le lit de manière à ce que je puisse le brancher (quand je me couche enfin 😊). J’ai des auxiliaires pour mettre les chaussettes. Les assistant-es enfilent alors les chaussettes dans ces auxiliaires pour que je puisse mettre les chaussettes tout seul le lendemain matin.

    « Je suis très reconnaissant d’avoir une équipe de 18 assistant-es – c’est grâce à ces formidables gens que je peux vivre dans mon propre appartement et mener une vie autodéterminée. »

    Ma sœur est la principale responsable du ménage

    Les assistant-es travaillent d’habitude en fin de matinée, à midi ainsi que le soir. Chez moi, tout le monde fait tout, en fonction du planning. Mais ma sœur est la principale responsable du ménage (avec moi, bien sûr). Elle passe une fois par semaine pour nettoyer l’appartement, laver le linge et faire ce qu’il faut. Nous discutons toujours ensemble quelles tâches doivent être faites quand et par qui. Pour éviter de tout expliquer 18 fois, nous travaillons souvent avec des instructions. Cela fonctionne très bien. Ainsi, nous avons élaboré un concept avec des mesures de protection (coronavirus oblige) que nous mettons à jour conformément aux prescriptions et selon ma situation.

    Gestion des assistant-es

    C’est moi qui fais toute la gestion des assistant-es. Dans la calendrier Outlook, j’ai des séries de rendez-vous avec tous les services d’assistance standard. C’est aussi là qu’on trouve ce qu’il faut faire. Mes assistant-es peuvent choisir librement leurs vacations. Quand quelques vacations ne sont pas prises, je note les dates dans notre chat whatsapp, que nous utilisons surtout pour communiquer rapidement. Si une assistante ou un assistant est malade ou qu’elle ou il ne peut pas assurer sa vacation pour une autre raison, elle ou il l’écrit tout de suite dans notre chat et cherche un remplacement.

    Je propose mon soutien pour la gestion des assistant-es

    Mes assistant-es et moi sommes une équipe bien rodée et nous nous amusons souvent. La gestion est complexe, mais cela me fait plaisir. Je vous aide donc volontiers si vous souhaitez organiser votre logement avec assistance, si vous avez besoin de soutien dans la gestion des assistant-es ou si vous souhaitez simplement échanger les expériences. C’est surtout maintenant, en temps de pandémie, que je suis disponible via chat en ligne. Je me réjouis si vous me contactez.

  • J’ai passé la première semaine de mes vacances d’automne avec mes parents et ma sœur. Depuis Illgau, on a fait des excursions. Par exemple, on a pris le téléphérique Hochstuckli (un engin très spécial qui se tourne autour de son axe plusieurs fois pendant le trajet), on a traversé un pont suspendu (pas évident avec le fauteuil roulant électrique) et fait des grillades dans la forêt.

    Ensuite, j’ai passé la deuxième semaine avec un ami à Interlaken. J’avais beaucoup anticipé cette semaine. Avant de prendre le train pour Interlaken, on a pris un verre à Lucerne. L’accueil à l’auberge de jeunesse était très sympathique. Le lendemain, on a visité le parc naturel – on a vu des arbres, plantes, marécages et bien plus. On a même vu des écureuils. Le soir, on est allé au restaurant ou on a cuisiné nous-mêmes. J’aime manger. Manger, ça fait aussi partie des vacances. Il va de soi qu’il faut aussi un bon verre de vin.

    La région d’Interlaken est connue pour le parapente. Faire du parapente était déjà mon rêve à 12 ans. On a souvent passé les vacances en famille à Fiesch. C’est là que j’ai vu les gens faire du parapente et j’ai pensé que je voulais le faire moi aussi. Plus tard, mes parents m’ont offert un vol à Fiesch. Un rêve qui s’est réalisé, waouh. Il y a deux ans, j’ai fait un deuxième vol à Fiesch, puis une autre fois à Emmetten. C’est devenu un hobby pour moi. Mon objectif est de faire du parapente une à deux fois par année. Bien sûr, j’ai aussi réservé un vol à Interlaken.

    « C’était déjà mon cinquième vol en parapente. »

    On a pris la voiture pour monter sur le Beatenberg. Mon pilote m’a porté de la voiture au lieu de décollage et a serré les boucles du parapente. Lui et les autres aidants ont ensuite mis les mousquetons avant de vérifier la sécurité. Tout était bon, sauf le vent. Il fallait alors attendre quelques minutes jusqu’à ce que le vent soit idéal pour décoller. Un homme à ma gauche et un autre à ma droite ont supporté le parapente. Étant donné que je ne peux pas sauter moi-même, ils ont sauté avec nous. Ils nous ont aidés à faire le décollage et, hop, on était déjà dans l’air. Pendant 30 minutes, on a survolé Interlaken comme un oiseau. Voir la nature d’en haut, sentir l’air et en profiter – je me suis senti libre. En atterrissant, trois aidants sont venus en courant. « Pousse les jambes en avant », m’a instruit le pilote. J’ai touché le sol avec les jambes et le fessier. Les aidants nous ont freinés. Grâce à la bonne protection, je n’ai pas eu de douleurs lors de l’atterrissage. Arrivé sur terre, les aidants ont enlevé les mousquetons et m’ont aidé à sortir du harnais. Puis, un aidant est arrivé avec mon fauteuil roulant électrique. Et c’était déjà la fin de cette superbe expérience. Le lendemain, j’ai demandé à mon ami d’appeler pour savoir si je pouvais encore une fois descendre. Il m’a dit qu’il voudrait l’essayer lui aussi. Et c’est ainsi que nous avons réservé deux places. Ces deux vols à Interlaken ont fait beaucoup de plaisir, c’était merveilleux. Regardez ma vidéo pour en avoir des impressions.

    Dans l’article de novembre, je vous parlerai du travail de mes assistants. À bientôt !

  • À l’école secondaire, mon but était de prendre les transports publics de Lucerne à Brunnen. L’ergothérapie et les accompagnant-es de mon logement encadré m’ont beaucoup soutenu pour y arriver. Elles ont pris le bus avec moi et m’ont montré comment faire. C’était incroyable quand j’ai été accompagné à l’embarcadère la première fois pour me rendre tout seul à Brunnen. C’était un sentiment de liberté, d’autonomie, d’indépendance et d’autodétermination. Au fur et à mesure, j’ai appris à voyager avec d’autres moyens de transport.

    «C’était un sentiment de liberté, d’autonomie, d’indépendance et d’autodétermination.»

    Aujourd’hui, je prends souvent les transports publics. Beaucoup a été fait en faveur de la mobilité des personnes à mobilité réduite, mais je pense qu’il y a encore du pain sur la planche. Quel est le but en termes d’autonomie pour monter et descendre dans le bus, etc. ? À l’heure actuelle, les chauffeurs de bus doivent descendre et mettre la rampe ce qui est très pénible pour eux, mais aussi pour nous et les personnes âgées. J’observe très souvent que ces dernières ont aussi beaucoup de peine à monter. Elles ont de la chance quand quelqu’un les aide. C’est aussi le cas pour les trains régionaux. De nombreux gens pensent que monter et descendre ne pose aucun problème. Mais, malheureusement, c’est loin d’être le cas. Quelques gares n’ont pas encore rehaussé les quais. Mais les constructeurs ont commencé à concevoir des voitures avec des portes à hauteur différente.

    Il s’ajoute un autre problème dans les trains Interregio : il n’est pas possible de rabattre la rampe parce que la distance entre le train et le quai est trop grande. Heureusement qu’il y a les aides en gare qui aident les personnes à mobilité réduite et âgées à voyager de manière autonome. Celles et ceux qui ont besoin de l’aide en gare peuvent le signaler au préalable par téléphone ou e-mail. Dans les grandes gares, il faut se prendre environ deux heures à l’avance si on appelle, un jour à deux si on envoie un e-mail. En fonction du train, l’aide en gare apporte la plateforme jaune ou une rampe et aide à monter ou descendre. Ces gens fournissent un travail très précieux et j’en suis très reconnaissant.

    Mais l’objectif doit être le déplacement autonome des personnes ayant des restrictions et des personnes âgées. Il faut être conscient du fait que voyager en toute indépendance sans rien organiser est un facteur d’égalité. Cela favorise l’autonomie et l’autodétermination. Cela permet aussi de faire des économies à long terme si l’on peut réduire le nombre de personnes assistantes.

    Obligation de porter un masque dans les transports

    Avez-vous déjà vu des gens qui ne portent pas de masque et à qui on ne demande pas d’en porter un ? Je fais partie de ce groupe. Quand l’obligation de porter un masque dans les transports publics est entrée en vigueur, je me suis demandé comment j’allais voyager puisque je n’ai pas la capacité motrice de mettre le masque. Il s’ajoute que j’ai des soucis respiratoires. En même temps, je dois pouvoir assurer mes déplacements privés et professionnels avec les transports publics. Je me suis demandé si les autorités ont pensé à nous et je ne voulais pas attendre. Avec l’aide d’une assistante, j’ai donc demandé à mon médecin s’il me faut une attestation pour éviter les ennuis. Quelques jours plus tard, j’ai appris au JT que certains groupes sont exempts de cette obligation – moi aussi. Cependant, il est mieux d’avoir une attestation sur soi. Cela évite tout malentendu et je peux profiter des transports qui sont si importants pour moi.

    En octobre, je partagerai mes vacances d’été et d’automne avec vous. À bientôt !

  • Active Communication étant une entreprise de la Fondation suisse pour paraplégiques, j'ai pu participer à la journée d'introduction à Nottwil. Celle-ci est destinée à tous les nouveaux employés du groupe. J'ai attendu ce jour avec impatience. Mon assistant était déjà chez moi à 6h30. Ensemble, nous avons pris les transports publics jusqu'à Nottwil.

    En arrivant au CSP, nous avons assisté à la première conférence sur la culture d'entreprise. C'était vraiment passionnant. Après la pause, nous avons commencé la visite. Nous avons d'abord fait connaissance avec l'Association suisse des paraplégiques, qui soutient ses membres dans des situations de vie très diverses. Normalement, l'association organise jusqu'à 350 événements par an, ce qui est tout simplement gigantesque ! Cette année, comme vous le savez, tout est un peu différent. De plus, ils disposent également d'une large gamme d’activités de vacances. J'aimerais bien y participer une fois.

    Les nouvelles salles de formation d’ambulanciers ont été le grand moment de la visite. Les salles ont été conçues de la même manière que dans un hôpital, avec un lit, des ventilateurs et bien plus encore. Grâce aux rideaux, une nouvelle salle peut être "créée" en quelques secondes. Derrière un rideau, il y avait une salle d'opération, derrière le suivant, un salon et derrière le troisième, un chantier de construction. Un mannequin était couché sur un lit. Les conférenciers peuvent le contrôler depuis la salle de contrôle. Par exemple, il y a un microphone dans la bouche du mannequin, par lequel les stagiaires reçoivent des réponses authentiques du mannequin, et qui sont commandées par les formateurs. Les salles de contrôle sont situées derrière une vitrine et ressemblent à une salle d'interrogatoire d’un commissariat.

    «J'ai réalisé que je faisais partie de quelque chose de très grand."

    En sortant, nous avons vu un hélicoptère de la Rega qui est utilisé pour l'entraînement. Après le déjeuner, notre directeur général, Fiore Capone, a présenté Active Communication. Cela m'a fait réaliser que je fais partie de quelque chose de très grand. Pour moi, c'était spécial de ne pas être là comme client mais comme employé du CSP.

    En matière de mobilité et d'orthopédie pour les personnes porteuses de handicap, Orthotec est un point de contact très compétent. Elle fait également partie du groupe d'entreprises de la Fondation suisse pour paraplégiques. Nous avons été autorisés à visiter le garage automobile. C'est là que les voitures sont adaptées et transformées pour répondre aux besoins individuels. Ortothec effectue des transformations simples et aussi très complexes, comme par exemple une voiture avec une commande par joystick. Ce n'était pas la première fois que je me rendais à l'atelier de fauteuils roulants d'Orthotec – j’en suis un client très satisfait. Les fauteuils roulants manuels, les fauteuils roulants électriques, les bicyclettes et de nombreux autres moyens auxiliaires sont évalués, ajustés et entretenus, y compris les coques d’assise. J'ai besoin d'une nouvelle coque d’assise, car la coque actuelle ne me convient plus. Il est très important que ce moyen auxiliaire soit correctement adapté, car nous, les utilisateurs de fauteuils roulants, passons de nombreuses heures dans un fauteuil roulant.

    Enfin, mes nouveaux collègues ont pu faire leur propre expérience avec un fauteuil roulant dans le gymnase. Je pense que c'est très important. Je tiens à remercier la Fondation suisse pour paraplégiques et Active Communication de m'avoir permis de participer à cette passionnante journée d'introduction. Je travaillerai pour Active Communication avec beaucoup de plaisir et de motivation. Je suis fier d'être un collaborateur du Groupe suisse pour paraplégiques.

    Dans mon blog de septembre, vous lirez comment je me déplace en transport public : Que dois-je prendre en considération ? Quels sont les obstacles ? À quoi ressemble pour moi l’obligation de porter un masque dans les transports publics ?

  • Le chemin a été long jusqu'à ce que je dispose de mon propre appartement. Quand j'ai décidé en septembre 2018 que je voulais me construire une vie autodéterminée, il y avait beaucoup de choses que je ne pouvais pas encore faire : passer du lit au fauteuil roulant électrique le matin, m’habiller, aller aux toilettes et bien plus encore. Ma décision m'a changé. Elle m'a donné une énorme motivation pour donner le maximum de moi-même. De plus, j’ai suivi régulièrement des thérapies depuis mon enfance. J'étais donc mentalement et physiquement prêt pour de grands changements.

    «Tout n'est pas possible, mais beaucoup l'est.»

    J'avais un but. Et je me suis dit que tout n'est pas possible, mais beaucoup l’est. J'ai donc commencé à essayer beaucoup de choses moi-même, en étant supervisé. Après un certain temps, j'ai demandé à ma kinésithérapeute si je pouvais aller dans un centre de réadaptation. Je voulais avoir le temps de gagner en assurance et d'apprendre la bonne technique pour la vie de tous les jours. Fin février 2019, je suis allé au REHAB Basel pendant six semaines. Cinq jours par semaine, j’ai suivi du matin au soir, soit une thérapie, soit un entraînement indépendant. J'ai souvent atteint mes limites. Pendant environ trois semaines, je me suis entraîné presque tous les jours à mettre mes chaussettes tout seul. En ergothérapie, nous avons essayé différentes aides jusqu'à ce que nous trouvions la bonne et que je sois capable de mettre mes chaussettes seul. C'est ainsi que j'ai aussi appris à transférer. Depuis la réhabilitation, mon fauteuil roulant électrique est équipé de sangles des deux côtés, afin que je puisse me faire glisser dans le fauteuil lors des transferts. Nous avons discuté de tous les défis quotidiens et cherché des solutions. En outre, ils m'ont aidé à planifier l'assistance.

    «J'aime être dans la nature.»

    Aujourd'hui, je vis avec une assistance. Au début de ce mois, j'ai fait une excursion d'une journée avec une assistante. Comme je l'espérais, il faisait beau. Nous avons fait un super voyage en bateau du Musée des Transports de Lucerne à Beckenried. Ensuite, nous avons pris le téléphérique jusqu'à Klewenalp. Puis, ce fût l’heure du déjeuner. Comme j’avais déjà eu une thérapie le matin, mon appétit était grand. Pendant que mon assistante mangeait aussi quelque chose, je me suis couché au soleil. Dans l'après-midi, nous avons fait l’itinéraire circulaire. Nous avons vu beaucoup de fleurs. J'aime être dans la nature.

    Quelques jours plus tard, je suis parti en randonnée avec mon collègue, qui est aussi mon assistant. Nous y avons appris une fois de plus qu'il fallait vraiment s'enquérir au préalable de l'accessibilité des sentiers de randonnée aux fauteuils roulants. Ce fût une grande aventure, qui heureusement s'est bien terminée. Nous nous en sommes bien sortis et mon fauteuil roulant est arrivé sans problème chez mes parents dans l'Illgau. Seulement, il n'était pas encore complètement convenable pour l'appartement. Mon père a dû d’abord le nettoyer. Mais ce n'est pas nouveau pour mes parents. Le lendemain, j'ai fait une nouvelle randonnée dans la nature et mon fauteuil roulant a dû être nettoyé à nouveau. J'apprécie les excursions et la liberté nouvellement acquise et j'attends déjà avec impatience la prochaine fois.

    La semaine prochaine, je me rends à ma journée d'introduction au Centre suisse des paraplégiques de Nottwil. Tous les nouveaux employés y découvrent un aperçu du groupe du GSP et de ses différentes filiales. J'ai vraiment hâte d'y être. Vous pourrez lire comment j'ai vécu cette journée, comment je l'ai appréciée et bien d'autres choses de ma vie pas tout à fait quotidienne dans le blog du mois d’août. D'ici là, je vous souhaite à tous de passer un merveilleux été.

  • Le lundi 25 mai, le moment était enfin venu : je suis rentré à Lucerne dans mon propre appartement. Ce fut un sentiment de retour à la maison. Un sentiment que j'avais à peine eu au cours des 12 dernières années. Lentement, je commence à réaliser que ma vie a pris un virage à 180°. Tout ce qui a trait à ce changement, je l'ai déterminé moi-même, avec l'aide de conseils. L'autodétermination est très importante pour moi. Cependant, je ne pensais pas que j'aurais à apprendre à gérer autant d'autodétermination. Quand est-ce que je veux de l'aide et quand est-ce que je n'en veux pas ? Est-ce que je veux partir en week-end avec un assistant ? Est-ce que je veux seulement avoir de l'aide au déjeuner et au dîner ? Ou est-ce que je préfère plutôt aller voir ma famille ? Le fait de pouvoir prendre ces décisions moi-même est très agréable, mais aussi inhabituel pour moi.

    Depuis que je vis dans mon propre appartement, on me demande souvent comment je paie les assistants. Lorsque je vivais dans l'institution, cela n'a presque jamais été un problème, bien que le modèle d'assistance semble souvent plus rentable. Il semble que le modèle d'assistance soit encore trop récent et trop peu connu - j'aimerais changer cela ! Il est inacceptable que l'on compare la vie en institution et la vie avec assistance. L'objectif devrait être la liberté de choix. Pour y parvenir, il faudrait cependant qu'il y ait davantage de points de contact, comme l’association « luniq », dans toute la Suisse, qui jouent un rôle d'accompagnement. Des bureaux centraux, qui prennent en charge toute l'administration de l'assistance, pourraient également être très utiles, car les exigences du modèle d'assistance sont élevées. Ce travail pourrait également être effectué par des ateliers de bureau dans les institutions.

    Maintenant, comment puis-je créer la comptabilité de l'assistance ?

    Chaque mois, mes assistants reçoivent un nouveau rapport qu'ils remplissent. Ils notent le nombre d'heures qu'ils travaillent chaque jour. Au début du mois suivant, j'additionne toutes les heures de chaque assistant et je prépare les fiches de paie. Je verse les salaires et j'envoie la fiche de paie par e-mail. Chaque mois, j'envoie également une facture à l'AI. Sur cette facture, j'indique toutes les heures que j'ai utilisées comme assistance dans le mois, et qui me seront ensuite remboursées par la contribution d'assistance AI.

    Le jeudi 18 juin, j'ai pu vivre mon premier jour de travail à Steinhausen. J'ai pris les transports publics de Lucerne à Steinhausen. Pendant le trajet, j'ai pensé au chemin que j'avais parcouru jusqu'à ce jour. C'était un sentiment indescriptible qui m’a rendu très heureux.

    Je suis arrivé à Active Communication vers l'heure du déjeuner. Spontanément, j'ai accompagné l'équipe marketing à l'extérieur pendant la pause déjeuner. Après le déjeuner, Thomas Bräm de mitschaffe.ch est également arrivé. L'exposé introductif était très intéressant et s'est très bien passé. Nous avons discuté de la coopération avec mitschaffe.ch et des principaux règlements. Après une belle photo de groupe, je me suis mis à mon ordinateur. Mais je n'ai pas encore vraiment travaillé car nous étions encore occupés à mettre en place mon lieu de travail. Un regard sur l'horloge et c'était déjà la fin de la journée de travail. Heureux et satisfait après mon premier jour de travail à Steinhausen, je suis rentré chez moi à Lucerne.

    Je me réjouis d'occuper un poste passionnant et utile chez Active Communication.

    C'est ainsi que cela continue dans mon blog de juillet :

    • En privé, j'ai l'intention de faire des excursions d'une journée avec les assistants et de faire ainsi connaissance avec une partie de ma nouvelle autodétermination. Comment cela va-t-il se passer pour moi ?
    • Je reviens sur les deux dernières années : comment me suis-je préparé à vivre avec des assistants ? Pourquoi suis-je allé au REHAB pendant six semaines ? Et comment était le REHAB pour moi ?
  • Mon premier jour de travail

    Le 5 mai 2020 fut mon premier jour chez Active Communication. Malheureusement pas sur place à Steinhausen, mais de chez moi via une réunion vidéo. J'ai été officiellement accueilli et j'ai pris connaissance de mes futures tâches. Ce jour a été très spécial pour moi - un rêve de longue date a commencé ce jour-là. Ma joie était si grande que j'ai eu du mal à m'endormir la nuit suivante. Bien que je fasse partie d’AC en tant qu'ambassadeur depuis longtemps, un sentiment indescriptible m'a envahi. Je peux travailler pour l'entreprise qui a, dans une large mesure, rendu ma vie possible telle que je peux la vivre aujourd'hui. C'est avec grand plaisir que je contribuerai à notre mission WE INTEGRATE. ACTIVE.

    Conditions de vie

    En raison de la crise liée au Corona, je vis toujours dans l'Illgau avec ma famille. Le fait d'être ici depuis si longtemps signifie aussi que je ne peux pas aller en physiothérapie. Mais quand je serai de retour dans mon appartement, je devrai me débrouiller seul, parfois sans assistance. Ensuite, il n'y aura plus de parents à appeler (ce qui est très pratique pour le moment 😉)

    Depuis un certain temps, je marche avec mon déambulateur pendant environ 45 minutes cinq jours par semaine. Ma sœur, qui est aussi mon assistante, m'accompagne. "Depuis quand peux-tu marcher comme ça ?" me demandent les gens du village. Ils ne me connaissent presque qu'en fauteuil roulant. Le jeudi 7 mai, j'ai marché pendant une heure et 15 minutes - c'est un record ! La marche renforce mes muscles, stimule la circulation sanguine et améliore ma coordination. Je fais aussi souvent les transferts seul, afin d'être prêt lorsque je retournerai à mon appartement à Lucerne à la fin du mois de mai.

    Afin de maintenir des contacts sociaux aussi minimes que possible dans mon propre appartement, j'ai pu constituer un noyau de trois personnes à partir de mon équipe de 14 assistants.

    Je voudrais vous présenter mon rôle en tant qu'employeur : quelles sont mes fonctions ? La contribution d'assistance AI est structurée de telle sorte que seuls les particuliers peuvent être employés. J'ai donc dû trouver mes assistants moi-même. L'AI m'a fourni un modèle de contrat de travail que j’ai pu adapter à mes besoins. La Procap m'a soutenu dans cette démarche. Déjà un an et demi avant mon déménagement, j'ai commencé à réfléchir à ce qui suit : Quand ai-je besoin d'aide ?, Où ai-je besoin d'aide ?, Que puis-je apprendre d'autre ?

    Sur la base de ces considérations, j'ai créé un plan de base sans les noms. Mes assistants m’indiquent quand ils peuvent travailler. Ensuite, je procède à l'affectation du personnel et j'envoie le plan de travail définitif. A partir de ce moment, les assistants sont responsables de leurs propres services. Cela signifie que s’ils ne peuvent pas travailler au sein de l'équipe, ils doivent trouver eux-mêmes un remplaçant.

    Pour en savoir plus, consultez le blog de juin :

    • Comment préparer la paie de l'assistant ?
    • Comment puis-je retourner à Lucerne dans mon appartement ?
    • Sera-t-il possible de commencer à travailler à Steinhausen en juin ?
  • En février 2020, j'ai emménagé dans mon propre appartement à Lucerne où je vis depuis avec une assistance. Cela signifie que j'ai recruté 14 assistants. Avant d'emménager dans mon propre appartement, j'ai vécu pendant plus de onze ans à la Fondation Rodtegg, où j'ai travaillé comme assistant de bureau et dans la "bürowärckstatt" au service comptabilité. Je suis ambassadeur pour Active Communication et à partir du mois de mai, j’en serai également un nouveau collaborateur, ce qui me rend très heureux.

    En raison de la situation actuelle autour du coronavirus (COVID-19), ma famille et moi avons décidé que je vienne vivre chez mes parents dans l'Illgau pendant cette période. Cette décision était la bonne, mais elle fut toutefois difficile à prendre pour moi.

    Après un an et demi de préparation, j'ai pu emménager dans mon premier propre appartement le 1er février 2020. Le déménagement s'est très bien passé et la planification de l'assistance a également parfaitement fonctionné. Je me suis senti à l'aise et mon appartement est rapidement devenu ma nouvelle maison.

    Depuis le 20 mars, je suis dans l'Illgau. Je me sens très bien ici avec ma famille, mais mon appartement, mon indépendance et mes assistants me manquent. J'aime vivre dans l'Illgau. Ces dernières semaines, le temps a été fantastique. Ici, dans la nature, il y a beaucoup de beaux endroits que je peux visiter en fauteuil roulant sans enfreindre les prescriptions de la Confédération. A condition qu'il n'y ait pas de couvre-feu.

    J'ai utilisé le temps passé à la maison pour simplifier la gestion de l'assistance et gagner par là même beaucoup de temps. J'aurai donc - quand je vivrai à nouveau à Lucerne - beaucoup plus de temps pour d'autres choses. Comme pour mon travail chez Active Communication, par exemple.

    J'ai programmé mon propre programme de comptabilité avec de nombreuses formules dans le programme Office Excel. Ainsi, à la fin de chaque mois, je ne dois saisir que deux chiffres par assistant et je peux alors tout voir d'un coup d'œil : les salaires, les heures mensuelles, la facture mensuelle, la facture annuelle, mon solde horaire annuel actuel et bien plus encore. Je trouve que le tableau est super. Non pas parce que je l'ai créé moi-même, mais parce que mon programme de gestion de l'aide rend tout plus facile, plus clair et nécessite beaucoup moins de temps.

    Si vous êtes intéressé par ce programme, n'hésitez pas à m'envoyer une demande. J'adapterais alors le programme à vos souhaits.

    Si vous souhaitez me parler en direct, je suis actuellement à votre disposition via le chat vidéo. Je me réjouis de faire votre connaissance. Restez en bonne santé.

    Daniel Rickenbacher

    PS : Dans mon blog de mai, je relate le début de mon travail chez Active Communication. Cela vaut la peine de le lire !

  • Voilà maintenant une dizaine d’années qu’il communique par le truchement de la synthèse vocale dont son fauteuil roulant électrique est muni, une tablette spécialement configurée qui reproduit oralement les phrases tapées. Interrogé sur son rapport avec son ordinateur qui lui prête une voix intelligible, Daniel pianote la réponse suivante qui nous parvient via le haut-parleur : « C’est comme un ami ; grâce à lui, je suis libre de mes mouvements et je communique partout avec tout le monde. »

Contactez-moi

Vous pourriez également être intéressé(e) par

Devenir membre
Devenir membre

Adhérez maintenant et touchez le montant de soutien pour bienfaiteurs de CHF 250 000 en cas de coup dur.

Devenir membre
Dons
Dons

Faites un don maintenant et soutenez nos projets en faveur des paralysés médullaires.

Dons
Contact

Active Communication
Sumpfstrasse 28
CH-6312 Steinhausen

T  +41 41 747 03 13
T  +41 41 747 03 12 (Service clients)
F  +41 41 747 03 04

office@activecommunication.ch