Heiri Dürst, policier de Netstal (GL), est renversé par une voiture et gravement blessé. Le quadragénaire lutte contre la mort et dit aujourd’hui : « Je mène une belle vie. »
Cela se passe tôt le matin du 9 décembre 2021. Heinrich Dürst, que tout le monde appelle Heiri, se présente à son service en tant que policier cantonal à Glaris et part immédiatement en intervention avec un collègue. Un semi-remorque est bloqué dans la neige sur l’autoroute près de Niederurnen et a besoin d’aide. Policier expérimenté, Heiri prend les mesures nécessaires sur place en se tenant à côté du véhicule sur l’autoroute.
« C’est un miracle. »
Au moment même où Heiri se trouve à hauteur du véhicule, une conductrice perd le contrôle de son véhicule. Il est percuté, projeté plusieurs mètres en l’air et gravement blessé. Plus tard, un médecin lui décrit à quel point la situation était dramatique : lors de l’impact, le policier a été déchiré en deux à l’intérieur.
Heiri Dürst lutte contre la mort. Et survit. Il dit lui-même : « C’est un miracle. »

De retour à la police
L'accident a rendu ce père de trois enfants originaire de Netstal (GL) paraplégique avec un degré de paralysie élevé. Mais cela ne l’a pas privé de ses rêves et de ses objectifs. Heiri Dürst s’est battu pour rebondir. Il a même réussi à reprendre son travail au sein de la police cantonale. Il travaille désormais à la centrale d’appel d’urgence, pour ainsi dire au « poste de commandement », et coordonne les interventions de ses collègues.
Son histoire est aussi celle d’une famille qui, dans cette période difficile, découvre ce que signifie le soutien. Dans le quartier, les voisin·es s’occupent avec tendresse des Dürst et de leurs trois enfants, se montrent prêt·es à les aider à tout moment et déposent parfois de petites attentions devant leur porte. Ou lorsque Heiri, vers la fin de sa rééducation à Nottwil, est autorisé à passer un week-end chez lui, ils organisent spontanément un apéritif pour fêter son retour.
Heiri Dürst se fait tatouer une grande horloge cassée sur son bras musclé. L’heure indiquée : 7 h 45, moment de l’accident fatal sur l’autoroute A3. En dessous, on le voit dans son fauteuil roulant, accompagné de sa famille.
Heiri Dürst montre fièrement son tatouage encore inachevé.
Les images ne suscitent aucune émotion
À un moment donné, Heiri voit les images vidéo qui documentent l’accident. Ces séquences ne le dérangent pas, elles ne suscitent en lui aucune émotion, aucune rancœur, aucun malaise. Mais les messages radio lancés par ses collègues le matin de l’accident le bouleversent. Il pleure en les entendant car il imagine à quel point cela a dû être dur pour eux.
Aider les autres dans le cadre de la campagne
Heiri Dürst mène désormais une nouvelle vie. Mais sa personnalité est restée la même. C’est une personne positive, capable d’entraîner les autres dans son sillage. Il ne voit jamais le verre à moitié vide, mais à moitié plein. Et il veut aider quand il le peut. C’est ce qu’il fait aujourd’hui dans le cadre de la campagne « Jamais seul·e » de la Fondation suisse pour paraplégiques (FSP).
« À Nottwil, on m’a aidé à me remettre sur pied, au sens figuré. »
Une gratitude infinie
« À Nottwil, on a tout fait pour moi afin que je puisse à nouveau mener une vie comblée », dit-il en repensant à la longue phase de rééducation au Centre suisse des paraplégiques (CSP). « Je suis infiniment reconnaissant pour ce que j’ai vécu et reçu au CSP. J’ai rencontré d’innombrables personnes qui s’engagent avec une passion impressionnante en faveur des personnes paraplégiques. » Et ajoute : « À Nottwil, on m’a aidé à me remettre sur pied, au sens figuré. »
Heiri Dürst souffre souvent de douleurs. Mais il ne lui viendrait jamais à l’esprit de s’en plaindre : « D’autres sont bien plus mal lotis que moi, je n’ai donc pas le droit de pleurnicher. »
Malgré toute sa positivité, il y a parfois des moments où tout n’est pas rose. Il le dit ouvertement : « Certaines choses de mon ancienne vie me manquent. » Il cite ouvertement la sexualité comme exemple : « Beaucoup de choses changent dans la vie d’une personne paraplégique et ne sont plus comme avant. » Son chien policier Erock lui manque aussi. « J’ai dû m’en séparer après l’accident. Je pourrais lui rendre visite, mais c’est au-dessus de mes forces. Ça me secouerait trop. »

Refaire le plein d’énergie au lac Klöntalersee
Mais Heiri souligne qu’il a de la chance d’être encore là. Il est père de famille corps et âme, policier dévoué, et il est là pour tous les personnes en fauteuil roulant qui ont besoin de conseils. Cet homme déborde d’énergie, et lorsqu’il sent que ses forces l’abandonnent, il prend sa voiture et se rend au lac Klöntalersee tout proche. C’est là qu’il a son endroit préféré, c’est dans la nature qu’il se ressource le mieux.
Éprouve-t-il de la colère envers la conductrice fautive ? « Non. Je l’ai appelée, nous avons bu un café ensemble, j’ai vu à quel point elle souffrait. » Pour Heiri Dürst, la vie continue. Et il assure que malgré tout, c’est une belle vie.
250 000 francs en cas de coup dur
Voici six avantages d’une affiliation :
- Vous touchez 250 000 francs si vous dépendez de manière permanente d’un fauteuil roulant en raison d’une paralysie médullaire suite à un accident.
- Le versement s’effectue rapidement et en toute simplicité.
- Le versement s’effectue indépendamment des prestations d’assurances et des lieux de l’accident et du traitement.
- Les personnes domiciliées en Suisse et aussi à l’étranger peuvent adhérer.
- Plus de 2 million de membres font déjà confiance à la Fondation suisse pour paraplégiques.
- Vous faites preuve de votre de solidarité à l’égard des personnes blessées médullaires – puisque cela peut arriver à tout le monde.




